Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 13:49

Mes deux dernières semaines à Dakar ont été empreintes d’amitié et de joie.

J’ai assisté à mes dernières réunions de Dakar Women’s Group, de mon club de lecture… j’ai déjeuné avec mes copines françaises et dîné avec mes copines allemandes… j’ai été remerciée très officiellement à l’école Ousmane Sembène…

Chaque jour ou presque était marqué d’une « dernière fois ».

La maison se vidait à vue d’œil.

Un semblant de quotidien était maintenu jusqu’au vendredi 19 décembre, le dernier jour de classe des enfants.
 

Puis samedi 20, le jour J. 

Les acheteurs sont venus chercher leurs meubles. Les tables, lits, chaises, armoires, électroménager passaient la porte d’entrée les uns après les autres, pour être chargés dans des taxis, des fourgonnettes, des charrettes. Pascal était toujours sur le chantier et c’est Alassane qui a été très présent pour m’aider ce jour-là, car je ne pouvais pas me dédoubler voire me détripler pour superviser tout le monde.

Les parents de Fatma ont pris les meubles qu’ils avaient réservés, puis sont partis avec leur fille. C’est ce moment qui a été le plus dur, de loin, et j’en ai encore la gorge nouée et les larmes qui me montent aux yeux quand j’y repense. Ma presque-fille, la grande sœur de mes enfants… une page qui se tourne, un chapitre qui se ferme…

Tout le monde pleurait.

Heureusement, ce n’est qu’un au revoir et nous aurons l’occasion de nous retrouver. Bientôt, j’espère !

 

Les enfants sont partis chez leurs amis. Adrien, complètement décomposé, est parti chez Ismaël, où il a été pris en main par toute la famille. Merci encore à Maryse et Amadou pour lui avoir fourni la stabilité dont il a eu désespérément besoin à ce moment.

Caroline est partie chez Aurore, ses bottes d’équitation sous le bras (une des rares choses qui n’ait pas trouvé preneur). Kilian est resté encore un peu, puis est parti, lui aussi.

Quand la maison a été presque vide, M. Diatta, le directeur de «mon» école, est venu chercher l’ordinateur dont Pascal et moi avons fait don à l’école. C’était un peu bizarre, car il est venu en costume-cravate, accompagné de son fils d’une dizaine d’années, lui aussi sur son trente-et-un – alors que moi j’étais en vieux t-shirt et jogging, couverte de poussière et de saleté. Cela a dû lui sembler bien incongru...

Puis j’ai été seule dans la maison, avec une pile de classeurs qui resteront à Dakar, une pile de valises dont j’ai entassé la moitié dans la voiture, et une pile de matelas et de literie qu’une organisation caritative devait passer prendre le lendemain.

Epuisée, je suis allée déposer mes valises chez Afidi et j’ai passé la nuit chez Christiane et Pierre, après une dernière soirée bien agréable à papoter sur leur terrasse.
 

Le lendemain matin, mon dernier jour à Dakar a commencé.

Pour célébrer le fait que je me trouvais aux Almadies, dans un quartier «chic», dans une belle chambre avec une belle salle de bains fonctionnelle, j’ai voulu en profiter pour prendre une bonne douche. Ha! Quand j’ai ouvert le robinet… rien n’en est sorti. J’ai éclaté de rire. Jusqu’au dernier jour j’aurai eu des problèmes d’eau à Dakar, même aux Almadies!!!

En fin de compte, il ne s’agissait que d’une baisse de pression temporaire et j’ai pu la prendre, cette fameuse douche, mais quelle ironie du sort!

Je suis retournée à notre maison pour faire partir la literie et boucler les dernières valises en attendant Pascal, qui est arrivé dans l’après-midi.

Le soir, un dernier resto avec Corinne, Alassane, Afidi et Alain, tandis que les enfants s’étaient tous retrouvés pour commander des pizzas avec leus copains… et à 1h du matin, nous nous couchions pour nos dernières heures de sommeil sénégalais, chez Afidi.

La nuit fut courte, car à 4h30, Thierno venait nous chercher pour nous amener à l’aéroport.

Le voyage – avec la Royal Air Maroc, que je cite avec plaisir ici, pour son excellent service et l’extrême gentillesse du personnel – s’est bien passé. Nous étions passablement fatigués et avons dormi dans l’avion.

Les six heures d’attente à Casablanca ont passé très vite et nous avons débarqué à Toulouse vers 19h30, dans le brouillard, avec une température extérieure de 2°C.

Pendant la dernière heure de vol, je n’arrivais pas à croire que c’était vraiment fini. Je me souvenais de cette dernière heure dans le vol Paris-Dakar, deux ans plus tôt, quand je disais à Pascal: «alors ça y est? on le fait vraiment?» Eh bien oui, on l’a fait.

A Toulouse, Maryse nous attendait avec une maison chauffée à bloc et une raclette – et je peux dire que nous avons bien apprécié les deux!

Pascal nous a retrouvés le lendemain à la maison, il avait pris le vol du soir, lui.

Mais je vous raconterai la suite plus tard…

 

A Dakar, je laisse des amis, et je laisse aussi de la famille…

J’espère que j’y retournerai bientôt.


Et si je ne donne pas beaucoup de nouvelles, c’est parce que je suis encore en quelque sorte en plein vol entre les deux continents. Pas encore vraiment partie et pas encore vraiment arrivée… ou surtout: pas envie d’arriver.

Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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