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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 13:49

Mes deux dernières semaines à Dakar ont été empreintes d’amitié et de joie.

J’ai assisté à mes dernières réunions de Dakar Women’s Group, de mon club de lecture… j’ai déjeuné avec mes copines françaises et dîné avec mes copines allemandes… j’ai été remerciée très officiellement à l’école Ousmane Sembène…

Chaque jour ou presque était marqué d’une « dernière fois ».

La maison se vidait à vue d’œil.

Un semblant de quotidien était maintenu jusqu’au vendredi 19 décembre, le dernier jour de classe des enfants.
 

Puis samedi 20, le jour J. 

Les acheteurs sont venus chercher leurs meubles. Les tables, lits, chaises, armoires, électroménager passaient la porte d’entrée les uns après les autres, pour être chargés dans des taxis, des fourgonnettes, des charrettes. Pascal était toujours sur le chantier et c’est Alassane qui a été très présent pour m’aider ce jour-là, car je ne pouvais pas me dédoubler voire me détripler pour superviser tout le monde.

Les parents de Fatma ont pris les meubles qu’ils avaient réservés, puis sont partis avec leur fille. C’est ce moment qui a été le plus dur, de loin, et j’en ai encore la gorge nouée et les larmes qui me montent aux yeux quand j’y repense. Ma presque-fille, la grande sœur de mes enfants… une page qui se tourne, un chapitre qui se ferme…

Tout le monde pleurait.

Heureusement, ce n’est qu’un au revoir et nous aurons l’occasion de nous retrouver. Bientôt, j’espère !

 

Les enfants sont partis chez leurs amis. Adrien, complètement décomposé, est parti chez Ismaël, où il a été pris en main par toute la famille. Merci encore à Maryse et Amadou pour lui avoir fourni la stabilité dont il a eu désespérément besoin à ce moment.

Caroline est partie chez Aurore, ses bottes d’équitation sous le bras (une des rares choses qui n’ait pas trouvé preneur). Kilian est resté encore un peu, puis est parti, lui aussi.

Quand la maison a été presque vide, M. Diatta, le directeur de «mon» école, est venu chercher l’ordinateur dont Pascal et moi avons fait don à l’école. C’était un peu bizarre, car il est venu en costume-cravate, accompagné de son fils d’une dizaine d’années, lui aussi sur son trente-et-un – alors que moi j’étais en vieux t-shirt et jogging, couverte de poussière et de saleté. Cela a dû lui sembler bien incongru...

Puis j’ai été seule dans la maison, avec une pile de classeurs qui resteront à Dakar, une pile de valises dont j’ai entassé la moitié dans la voiture, et une pile de matelas et de literie qu’une organisation caritative devait passer prendre le lendemain.

Epuisée, je suis allée déposer mes valises chez Afidi et j’ai passé la nuit chez Christiane et Pierre, après une dernière soirée bien agréable à papoter sur leur terrasse.
 

Le lendemain matin, mon dernier jour à Dakar a commencé.

Pour célébrer le fait que je me trouvais aux Almadies, dans un quartier «chic», dans une belle chambre avec une belle salle de bains fonctionnelle, j’ai voulu en profiter pour prendre une bonne douche. Ha! Quand j’ai ouvert le robinet… rien n’en est sorti. J’ai éclaté de rire. Jusqu’au dernier jour j’aurai eu des problèmes d’eau à Dakar, même aux Almadies!!!

En fin de compte, il ne s’agissait que d’une baisse de pression temporaire et j’ai pu la prendre, cette fameuse douche, mais quelle ironie du sort!

Je suis retournée à notre maison pour faire partir la literie et boucler les dernières valises en attendant Pascal, qui est arrivé dans l’après-midi.

Le soir, un dernier resto avec Corinne, Alassane, Afidi et Alain, tandis que les enfants s’étaient tous retrouvés pour commander des pizzas avec leus copains… et à 1h du matin, nous nous couchions pour nos dernières heures de sommeil sénégalais, chez Afidi.

La nuit fut courte, car à 4h30, Thierno venait nous chercher pour nous amener à l’aéroport.

Le voyage – avec la Royal Air Maroc, que je cite avec plaisir ici, pour son excellent service et l’extrême gentillesse du personnel – s’est bien passé. Nous étions passablement fatigués et avons dormi dans l’avion.

Les six heures d’attente à Casablanca ont passé très vite et nous avons débarqué à Toulouse vers 19h30, dans le brouillard, avec une température extérieure de 2°C.

Pendant la dernière heure de vol, je n’arrivais pas à croire que c’était vraiment fini. Je me souvenais de cette dernière heure dans le vol Paris-Dakar, deux ans plus tôt, quand je disais à Pascal: «alors ça y est? on le fait vraiment?» Eh bien oui, on l’a fait.

A Toulouse, Maryse nous attendait avec une maison chauffée à bloc et une raclette – et je peux dire que nous avons bien apprécié les deux!

Pascal nous a retrouvés le lendemain à la maison, il avait pris le vol du soir, lui.

Mais je vous raconterai la suite plus tard…

 

A Dakar, je laisse des amis, et je laisse aussi de la famille…

J’espère que j’y retournerai bientôt.


Et si je ne donne pas beaucoup de nouvelles, c’est parce que je suis encore en quelque sorte en plein vol entre les deux continents. Pas encore vraiment partie et pas encore vraiment arrivée… ou surtout: pas envie d’arriver.

Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 17:24
J'ai oublié de vous raconter ce que Pascal m'a dit au téléphone:

Le gardien, qui a travaillé pour nous pendant presque deux ans et qui a été licencié de façon tout à fait regulière avec préavis et tout et tout, s'est adressé au même syndicaliste que Véronique et met l'entreprise devant l'inspection du travail pour une formalité sur ses fiches de paie!
Cette fois, Pascal a compris le truc et a répondu au syndicaliste de s'adresser directement au cabinet comptable. Pas question de se laisser mêler à ces histoires encore une fois. Pour Véronique aussi, on aurait mieux fait de ne pas réagir.

Véronique, entre-temps, a laissé ses enfants à leur père et elle est partie en Casamance. Il devait y avoir trop de gens sur son dos pour réclamer les sous qu'elle leur doit. Camara, le fameux gardien, a décidé de ne pas s'adresser à la police mais aux juges traditionnels de Casamance pour récupérer les 140.000 francs qu'il lui a prêtés (ça équivaut quand-même à deux fois le salaire mensuel du monsieur).

Je ne peux que mettre en garde tous les employeurs de personnel de maison à Dakar et ailleurs au Sénégal: soyez prudents! C'est de plus en plus courant de se retrouver assignés devant l'inspection du travail, qui jugera presque toujours en faveur de l'employé, même si vous n'avez rien à vous reprocher.
En même temps, je ne peux pas vraiment en vouloir aux employés en question - puisque ça marche, ils seraient bien bêtes de s'en priver! 

Un petit PS: Thierry, j'ai enlevé ton commentaire car il donnait notre nom entier - ce que je préfère éviter sur Internet!
Et oui, je vais vous parler de notre réadaptation... qui n'est pas très facile en ce qui concerne Kilian et moi, mais moins difficile pour les deux autres. Pascal est toujours là-bas, on parle d'un retour pour le 20.
Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 10:02
Je ne sais pas si vous vous souvenez: quand nous avons demandé nos cartes de résidents sénégalais, nous avons dû payer une caution, appelée "caution de rapatriement". Avant notre départ, mon challenge était de récupérer cette caution...

C'était un exercice en six étapes.

1. Trésor Public.
Jour 1. Dans l'immeuble du Trésor Public, il m'a fallu trouver une Madame Bâ, qui m'a remis ma "feuille de route". Elle est installée dans un petit bureau dans un recoin du 4e étage, une femme belle et sculpturale, comme beaucoup de Sénégalaises, vêtue de tissus somptueux et colorés... Son bureau était parfumé à l'encens, et j'ai dû revenir après une heure pour que ma feuille de route soit signée par le responsable.
En attendant, j'avais écopé d'un "sabot" sur ma voiture, car j'avais été mal dirigée par les nombreux "gardiens de parking" plus ou moins légaux sur la Place de l'Indépendance. Une petite demi-journée et 6000 francs d'amende après, je repartais donc vers la maison. 

2. Police des Etrangers.
Jour 2. C'est à la police des étrangers que je devais faire tamponner ma feuille en premier. On y a confisqué ma carte de résident (qui n'était pas une carte, en fait, mais le récépissé de la demande de carte - le délai d'obtention de la véritable carte est d'environ trois ans...). En vingt minutes, c'était réglé, l'étape la plus rapide du périple.

3. Perception
Au bureau de la perception principale, en ville près de la poste principale (derrière le marché Kermel), j'ai attendu plus longtemps. L'employé qui a rempli et tamponné la case "perception" était bien aimable et disponible, mais j'avais bien fait d'apporter un bouquin, car j'ai dû attendrer près de deux heures pour que Monsieur le Percepteur appose sa signature.

4. Ministère des Finances
Jour 3. Au Ministère des Finances, il a fallu trouver la Direction du Budget. Là-bas, pas de problèmes, les dames dans leur bureau climatisé sont très efficaces bien que peu loquaces. Une petite attente d'un quart d'heure pour la signature et me revoici en route pour la suite.

5. Retour au Trésor.
De retour au Trésor, ma feuille de route a été examinée et scrutée, puis j'ai attendu une vingtaine de minutes pour la dernière signature. Jusque là, j'avais pu effectuer toutes les démarchges pour Pascal et pour moi, mais pour la dernière étape, il fallait la présence de Monsieur, qui pourtant était bloqué sur le chantier par une rupture de tuyau. Qu'à cela ne tienne, j'ai au moins récupéré mon papier à moi...

6. Caisse
Et enfin la dernière étape: avec mon petit papier, je me suis présentée au guichet du rez-de-chaussée et on m'a remis le montant de la caution. Moins une petite somme de "frais de dossier". Bizarrement, Pascal n'a pas dû payer ces frais de dossier quand il est allé récupérer sa caution quelques jours plus tard, lui. Il faut croire qu'il y a vraiment un traitement de faveur pour les ressortissants français!

Vous imaginez bien que la plupart des expatriés ne prennent pas la peine d'effectuer ce parcours du combattant et quittent le pays sans récupérer leur caution. Mais rien que pour le principe, nous ne voulions pas faire ce cadeau à ce monsieur...



 
Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 10:37
Bonne année!!!

Vous devez croire que je vous ai complètement abandonnés! Nous sommes rentrés en France depuis le 22 décembre, mais je vais faire durer le plaisir et prendre les choses dans l’ordre… D'ailleurs, nous n'avons toujours pas Internet à la maison et je consulte juste mes mails chez Karim et Yann, donc ce n'est pas évident de mettre à jour le blog.

La dernière fois, je vous avais promis le récit de notre visite de la ville sainte de Touba - le voilà.

Marion et moi avions donc le projet de visiter la ville de Touba. C’est ma mère qui tenait tellement à y aller, mais à chaque fois qu’elle est venue nous rendre visite au Sénégal, c’était la période du Magal, de la grande fête mouride, où tout le monde (et ses frères et sœurs et ses amis et leurs cousins…) va à Touba. La ville grouille alors de monde, il y a plein d’accidents, les conditions d’hygiène sont plus que limite et il n’était donc pas question qu’on y aille à ce moment-là. Mais elle m’avait mis la puce à l’oreille, et j’ai voulu voir moi aussi à quoi ça ressemblait.

Dans un pays à dominante musulmane et mouride (les mourides sont une des confréries musulmanes du Sénégal), j’estime qu’il est important d’aller voir la "plaque tournante" de la religion locale. Marion était ouverte à toutes propositions, et j’ai donc demandé à Hanne, la mère de notre "presque-fille" Fatma, si son mari pouvait nous montrer Touba - étant donné qu’il est mouride, que son marabout est là-bas et qu’il n’habite pas trop loin. Hélas, Madiaw se rétablissait à peine d’un palu et n’a donc pas pu nous emmener lui-même, mais il a organisé notre visite à distance…

Il nous avait prévenues que nous devrions prévoir des vêtements couvrants (jupe longue, pas de pantalon, épaules couvertes) et quelque chose à mettre sur la tête. En arrivant dans Touba, nous nous sommes donc arrêtées à la première station service pour nous "déguiser", comme disait Marion. Puis, nous avons retrouvé le jeune homme qui devait nous servir d’interprète et de guide. Il nous a dirigées vers une des routes principales de la ville, où son marabout (qui est aussi celui de Madiaw), allait nous retrouver pour nous souhaiter la bienvenue.
Une vieille Mercedes s’est arrêtée, deux hommes sont descendus, et l’un d’eux était donc la fameux marabout. Un homme plutôt petit, replet, très souriant, nous a donc souhaité la bienvenue en wolof et notre jeune guide traduisait. Quand il a su que nous venions d’Allemagne, le marabout nous a fait un beau sourire radieux et nous a lancé à plusieurs reprises un mot que nous n’identifions pas… Puis Marion a enfin compris: "der Marabout sagt tschüss!!!". "Tschüss", pour ceux qui ne sauraient pas, veut dire "salut", mais seulement pour dire "au revoir", pas "bonjour". C’était trop mignon, le marabout qui nous disait "tschüss"…
Il nous a dit qu’il nous attendait dans sa maison après notre visite et nous a laissées avec un autre de ses talibés (= disciples), mais qui ne parlait pas français. Escortées de nos deux guides, nous nous sommes donc dirigées vers la mosquée de Touba.



La mosquée est une pure merveille. Tous les khalifes, cheikhs et autres dirigeants spirituels (on nous a tout expliqué, mais j’ai tout oublié immédiatement – je vous mets un lien si vous voulez en savoir plus: cliquez ici) ont amélioré, agrandi et embelli la mosquée, les mausolées des uns et des autres, la bibliothèque dans laquelle sont conservés les écrits du khalife…
Nos deux guides étaient très gentils et motivés, mais ne connaissaient pas tous les détails. Heureusement (haha!), un baï-fall (les baï-falls sont les disciples qui font respecter les traditions et qui sont aussi guides à la mosquée de Touba) qui attendait le chaland sur place a trouvé que la jupe de Marion était certes longue, mais bien trop fendue… et s’est donc immiscé dans notre visite. Il a pu, lui, nous donner toutes les informations que nous souhaitions, sur les dates, les noms, les matières, l’origine du marbre etc etc.
Il a été très intéressant d’apprendre que la loi du Sénégal n’est pas prévalante à Touba. C’est comme au Vatican, nous a-t-on dit, Touba serait en quelque sorte un Etat dans l’Etat, avec des lois bien à elle.

Après la visite sous un soleil brûlant, nous avons donc été reçues chez le Marabout, qui a gentiment répondu à toutes les questions que nous lui avons posées sur l’Islam "façon mouride". Nous avons décliné l’invitation à déjeuner car nous avions encore de la route à faire, mais avons accepté avec plaisir les bouteilles d’eau fraîche et le paquet de noix de cajou pour le voyage qu'on nous a offerts.

Le bilan de notre visite: très intéressant, mais aussi un peu inquiétant, cette ville avec une telle emprise sur les gens d’un pays entier, pas seulement les habitants de Touba. Il paraît que même le président se doit de rendre des comptes aux autorités religieuses de Touba, et quand le gouvernement a eu du mal à payer les fonctionnaires au mois d’octobre, certains disaient que le grand marabout à Touba avait mis la main à la poche.
Nous n’avons pas trouvé l’ambiance si pesante que ça, les femmes étaient loin d’avoir toutes les cheveux couverts, par exemple, mais c’est quand-même une ville au milieu d’une zone très chaude et à part la grande et belle mosquée, il n’y a franchement pas grand-chose à voir.

Sur notre chemin vers Ndangane et le delta du Saloum, nous avons croisé un mariage dans un village, avec un groupe de jeunes femmes qui bloquaient la piste avec des linges sur une corde, afin de récolter quelques billets pour la mariée. Leur bonne humeur était extraordinairement communicative et Marion a esquissé quelques pas de danse avec elles en prenant des photos. Super expérience!





Après le départ de Marion, je me suis consacrée aux préparatifs de notre départ. J’ai mis tous nos meubles en vente, j’ai commencé à préparer les transferts scolaires des enfants… et nous avons surtout dû gérer le "problème Véronique" dont je vous ai déjà rabâché les oreilles ici. En fin de compte, nous avons dû payer encore une somme substantielle pour solder nos comptes avec elle après la réunion de conciliation à l’inspection du travail. Bien sûr, elle était dans son tort, et nous aurions pu prendre un avocat et porter plainte contre elle pour tenter de récupérer les sommes qu’elle nous a volées (en téléphonant sur notre ligne), mais à quelle fin? Elle n’a pas un sou, sa famille non plus, et même si nous avions gagné le procès, qui aurait payé? Nous aurions donc dû payer un avocat pour la satisfaction de la voir envoyée en prison? Nous avons préféré nous abstenir et oublier très vite cette mauvaise expérience.
Grâce à Christiane, j’ai trouvé une jeune femme très énergique qui est venue faire le ménage deux fois par semaine jusqu’à notre départ et je me suis donc réhabituée en douceur au repassage et à la cuisine qui allaient m’attendre en France. Et j’ai beaucoup apprécié les dernières semaines seule à la maison. Car pendant deux ans, je n’avais finalement jamais été seule dans cette maison à Dakar! Quand les enfants n’étaient pas là, Véronique y était...

Entre-temps, je suis donc seule dans la maison à Auterive. Pascal est reparti au Sénégal pour terminer cette mission interminable, tandis que nous réinvestissons tout doucement notre "vie d'avant". Pas toujours évident, mais j'ai promis que je n'allais plus jamais me plaindre de ma condition de femme vivant en Europe, donc je ne le ferai pas. *smile*

Allez, à la prochaine!!!
 
Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /Nov /2008 13:44

Il faut quand-même que je vous raconte nos dernières "virées" au Sénégal, que nous avons pu faire grâce à nos derniers visiteurs: Elke, André et Marion.

Elke et André sont arrivés mi-octobre. Ils ont d’abord passé quelques jours à Dakar, histoire de s’acclimater en douceur, car il faisait encore bien chaud. Piscine, plage, meeting de Dakar Women’s Group (avec André en seul homme, woohoo!)… Ils sont aussi allés à l’île de Gorée, puis un jeudi matin, Fatma et moi les avons mis dans un "7-places" pour Saint-Louis. Fatma a l’habitude de la gare routière – heureusement qu’elle était là, parce que je n’aurais pas pu laisser la voiture là où nous étions.

Le lendemain après l'école, les enfants et moi avons pris la route pour Saint-Louis et Pascal nous a tous retrouvés au Zebrabar pour un week-end tranquille en famille et entre amis, lors duquel nous avons fêté l’anniversaire d’Adrien. Le dimanche, trajet en 4x4 à travers la brousse (et moi derrière, avec le Scenic), visite du chantier de Pascal, puis retour à Dakar…

Deux jours plus tard, Pascal les a emmenés à Ndangane dans le delta du Saloum, où il a pu passer un peu de temps avec notre ami Pascal et sa famille, tandis que de mon côte, je récupérais Marion à l’aéroport de Dakar, puis nous nous sommes tous retrouvés à Toubab Dialaw pour 24 heures au bord de la mer.

Ensuite, il a fallu rentrer pour qu’ils prennent l’avion – sauf qu’il y a eu un couac et qu’en fait, l’avion était réservé pour un jour plus tard. Du coup, ils ont eu une journée de rab à Dakar, avec resto au bord de l’eau et plage…


La pauvre Marion, elle, a dû rester à Dakar pendant plus longtemps qu’elle ne le souhaitait, car j’avais beaucoup de travail et je devais absolument terminer la satanée compta de la boîte. Du coup, elle m’a suivi dans mon quotidien d’expat – visites pour le programme caritatif de DWG, séance du club de cuisine… déjeuners entre copines (oh que ça va me manquer, tout ça!!!) et elle a même eu droit à une visite des bureaux de l’inspection du travail et de notre cabinet comptable (ça, c’était un vendredi, et c’était super : le vendredi, la plupart des gens s’habillent en tenue traditionnelle, même au bureau, donc les hommes avec de grands boubous brillants au-dessus de pantalons assortis… ça change de la chemise avec cravate qu’ils portent habituellement ! Marion était dûment impressionnée *smile*)…

Aussi, Marion a eu droit à la coupure d’eau pendant 2-3 jours et à la coupure de courant. L’expérience sénégalaise totale! Quand nous avons enfin pu quitter Dakar, nous avons à nouveau retrouvé Pascal au Zebrabar pour le week-end, définitivement notre dernier séjour là-bas cette fois. Nous avons fait la visite de Saint-Louis en calèche (ce que je n’avais jamais voulu faire, alors que c’est un super moyen de voir la ville en peu de temps, qu’on apprend plein de choses parce que le guide nous raconte pas mal de détails et qu’on va même jusqu’au marché de poisson au bout du quartier des pécheurs), puis Marion a assisté à ma négociation avec un des nombreux policiers de Saint-Louis qui tentent de soutirer quelques billets aux touristes.

Celui-là, je pensais que je n’allais pas réussir à m’en dépétrer, tellement il avait l’air sévère et de mauvaise humeur. J’ai parlé non-stop pendant près de dix minutes. De la circulation, de Saint-Louis, de Dakar, de mes enfants, du temps qu’il faisait, de mon innocence quant aux faits qu’il me reprochait, de ma bonne foi, du travail de mon mari, de l’importance du travail que font les policiers qui règlent la circulation, du fait que je voulais bien payer l’amende demain matin et qu’il m’explique donc exactement où se trouve la commissariat, comment ça là-bas en face, je ne comprends pas, expliquez encore, je ne suis pas très douée, je sais, je suis désolée, ah les femmes et le sens de l’orientation…, et vous connaissez bien Dakar? des fois je me perds dans Dakar, c’est pas évident, Saint-Louis c’est mieux, c’est plus facile, et mon mari il n’est pas content quand je me perds… mes enfants m’aident parfois, vous avez des enfants? moi j’ai trois enfants, ils vont à l’école des Maristes, c’est une bonne école, vous connaissez? ah, votre famille habite tout près? ils doivent vous manquer quand vous êtes ici toute la semaine, c’est dur de vivre séparés comme ça, moi aussi mon mari il travaille à Keur Momar Sarr et on ne le voit que le week-end, il construit une station de traitement d’eau, vous savez pour l’eau potable, c’est important ça, l’eau potable, mais moi je dois rester à Dakar parce que notre grand, il est au lycée et à Saint-Louis il n’y a pas de lycée français… Peut-être qu’on se verra un jour à Dakar quand vous serez là-bas! ah, vous voulez que je ne paie que la moitié de l’amende mais là maintenant tout de suite? mais qu’est-ce que j’ai fait, exactement? je n’ai rien fait de mal! c’est pas grave, j’irai au commissariat demain pour récupérer ma carte grise. Juste avant de partir à Touba, oui, Touba, nous avons rendez-vous là-bas avec un marabout, c’est un grand honneur ça, non, d’être reçues par un marabout à Touba? Vous connaissez Touba, vous êtes déjà allé? C’est vrai qu’il faut qu’on mette un foulard sur la tête? Parce qu’on ne veut pas commettre d’impair… Mais avant, on viendra au commissariat chercher les papiers. On se lèvera un peu plus tôt, c’est pas grave, on fera le détour par Saint-Louis. Vous allez me faire une attestation, hein, comme quoi c’est vous qui avez gardé ma carte grise et mon permis, parce que si je me fais contrôler d’ici demain matin, il faut que j’aie des papiers, sinon qu’est-ce qu’ils diraient alors, vos collègues… (…) bla bla bla (…) encore quelques minutes de plus (…) Ah bon, vous me rendez mes papiers comme ça, ah c’est gentil ça, mais de toute façon je n’avais rien fait alors c’est juste, vous êtes un policier qui sait faire la différence entre ce qui est juste et ce qui est faux, j’ai de la chance d’être tombée sur vous. Comment je dois faire pour faire demi-tour ici, je ne veux pas commettre une infraction (avouez que ce serait bête, hahaha!), et vous, vous en avez encore pour longtemps ou vous avez bientôt terminé votre journée? Eh bien bon courage alors, et oui, on pensera à vous demain quand on sera à Touba….

Franchement, cette fois-là, je n’y croyais pas. Mais quand j’ai parlé de mes enfants, il a commencé à se dérider, puis Dakar, puis Touba… à la fin, il était sympa comme tout.

Et le lendemain, nous sommes donc allées à Touba. Ce que je vous raconterai dans un autre article. Après Touba, nous avons enchaîné sur Ndangane – sans voir Pascal C. et Fatou, hélas, qui étaient partis en voyage en Guinée. Nous avons fait notre tour de pirogue dans le delta (peu d’oiseaux, ce n’est pas la saison), puis nous avons repris la route pour Dakar, avec une petite étape au Lac Rose – qui n’était pas rose du tout. Il paraît que là non plus, ce n’est pas la saison. Je ne savais pas qu’il était moins rose si peu de temps après la saison humide.

Une sacrée balade, en tout cas, et je suis contente que ces dernières visites nous aient donné l’occasion de refaire ces voyages que nous n’aurions pas fait autrement. J’aurais vraiment aimé voir les cercles de pierre, mais cela aurait pris trois jours en tout (en ne voyant pas grand-chose d’autre) – et Marion n’étant pas passionnée par ça, je n’allais pas lui infliger. En rentrant à Dakar, nous avons visité Gorée (où, là encore, je ne serais pas retournée sans elle – et je suis contente de l’avoir fait) et l’île de Ngor (là par contre, je n’étais pas très chaude pour y aller et, comme les fois précédentes, ça ne m’a pas plu du tout – rien à faire, je n’accroche pas avec cet endroit et il me le rend bien).

Ce que nous n'aurons pas vu, c'est la Casamance, et donc les cercles de pierre. Mais il faut bien que je me laisse encore des choses à faire pour quand je reviendrai! Après tout, j'ai bien vécu 15 ans à Paris sans aller ni au Louvre ni au Père Lachaise alors que j'en rêvais - pour qu'il me reste encore quelque chose à faire. (Je vous rassure, depuis j'ai fait les deux.)

Et puis Marion est repartie et nous avons entamé notre crise véroniquienne – qui n’est pas encore terminée puisque nous sommes maintenant convoqués à l’inspection du travail pour une formalité sur ses fiches de paie. Ce qui est bien dommage pour elle, car il y a de grandes chances que nous portions maintenant plainte contre elle pour récupérer tout l’argent qu’elle nous doit. Toute cette histoire me préoccupe pas mal, et je reviendrai dessus, là aussi, dans un article séparé.

La maison se vide progressivement, certains meubles et ustensiles s’en vont déjà… Mais nous sommes sereins.

Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 14:46

La meilleure phrase que j'ai entendue ce mois-ci a été prononcée par la bonne de ma copine Gabi...

La bouteille de gaz venait de finir, Gabi a donc basculé sur la bouteille d'avance, pleine. Et la bonne qui dit: "Là, on a eu de la chance!

Eh ben non, ce n'était pas une question de chance... :-))


Auf deutsch: 

Als bei meiner Freundin Gabi neulich das Gas alle war, stellte sie auf die - natürlich volle - neue Flasche um. Und dann sagte ihre Hausangestellte: "Da haben wir aber Glück gehabt!" So, so. "Glück" nennt man das also. *grins*


Das Theater mit unserer eigenen Hausangestellten, ihrer Kündigung und ihrem anschließenden Gang zur Arbeiterunion ist höchstwahrscheinlich noch nicht vorbei. Aber ich habe beschlossen, es mit Fassung zu tragen und davon auszugehen, dass das Schicksal einfach beschlossen hat, mich schrittweise darauf vorzubereiten, dass ich in Frankreich wieder alles selber machen muss. Seit Mittwoch spülen wir selbst ab und waschen die Wäsche selbst. Zum Bügeln und Putzen konnte ich mich noch nicht durchringen - aber das wird jetzt langsam dringend. Mal sehen, ob ich mir nicht doch stundenweise jemanden nehme.

Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 11:19
Suivant les bons conseils de Laurent (merci à Agnès d'avoir transmis!), qui confirmait l'idée qui avait déjà commencé à germer dans ma petite tête, j'ai proposé ce matin à Véronique qu'elle démissionne. Ce qu'elle a fait.

C'était bien sûr nettement plus émotionnel que ces quelques petites lignes! J'ai eu des échanges avec certaines de vous par mail, par téléphone et sur Facebook, j'appréhendais énormément. Elle est restée très digne, très calme, avec les larmes qui coulaient sur ses joues tandis qu'on rassemblait ses affaires. Moi aussi j'avais les larmes aux yeux, c'était affreux. Avec un gros, gros sentiment de culpabilité... Pascal me dit qu'en effet, c'est un peu de ma faute de ne pas avoir assez "serré la vis" et de ne pas avoir été assez derrière elle. Mais que c'est comme ça et qu'elle est entièrement responsable de ce qui lui arrive. Comme dit Ulle: si jamais elle avait pensé qu'elle avait le droit de téléphoner, elle ne l'aurait pas fait en cachette...
Ça ne change rien au fait que ça n'a pas été une partie de plaisir et que maintenant je me sens toute vidée.

Je lui ai dit que je la contacterai avant de partir, et je lui donnerai alors quelques affaires dont je sais qu'elle aimerait bien les avoir.
Et je lui ai donné un peu de sous en plus (oui, Pascal, je sais, tu ne voulais pas que je fasse ça, mais je n'ai pas pu faire autrement, je suis trop "bonne avec un c").

Je crois que je vais attendre jusqu'après le week-end avant de reprendre quelqu'un. Et ce sera du ponctuel seulement. Peut-être trois jours par semaine.



 
Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 16:19
Les réjouissances continuent.
Comme si je n'avais pas déjà assez à faire avec la préparation de notre retour définitif en France (nous quittons Dakar le 22 décembre), me voilà donc à préparer un licenciement pour faute grave en respectant la loi sénégalaise... Youpi.
C'est assez compliqué, avec huissier (qui doit appeler les numéros composés) et tralala.
Pascal vient de tiquer et me demande de vérifier les mois précédents. Je vous le donne dans le mille: en juillet et en août, lorsque nous n'étions pas à Dakar, il y a 30.000 et 50.000 francs de communications vers des portables.
Avec un peu de chance, je vais avoir le détail de ces deux mois aujourd'hui, et là je n'ai plus besoin d'huissier, puisque ni Pascal ni moi n'étions à Dakar et nous pouvons le prouver. Oh que ce serait plus simple...!

On m'a déjà conseillé deux autres personnes pour remplacer Véronique pour le dernier mois (je vous rappelle que je n'ai pas de lave-vaisselle, que les enfants mangent à la maison le midi, que tous les vêtements doivent être accrochés et repassés... et qu'accessoirement je travaille et que je n'ai pas le temps de consacrer 3 heures par jour aux tâches ménagères - je n'exagère pas, ça prendrait bien 3 heures au minimum!). Je vais essayer avec la première, on verra bien. Je ne peux pas rester sans employée pendant un mois, je vais disjoncter! (remarque, ça me ferait apprécier un peu plus l'idée de notre retour en France! *smile*)

 
Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 03:09
Les dernières semaines ont été très prenantes, encore une fois.
Nous avons eu des visiteurs, nous avons bougé, j'ai eu du travail...

J'avais l'intention de vous faire un long résumé de nos aventures, peut-être demain, notamment avec la visite de la ville sacrée de Touba.

Mais aujourd'hui, je suis furieuse.
Jeudi soir, on a sonné à la porte. C'était le vendeur de fruits, qui vient depuis bientôt deux ans. Il déposait une lettre à mon intention, dans laquelle il me dit que Véronique, notre bonne, lui doit plus de 40.000 francs (60 euros, une somme importante).

Ce n'est que ce matin que j'ai enfin pu parler à Véronique - elle ne nie pas, mais elle dit qu'elle n'a pas d'argent à lui donner. Comme elle nous doit encore de l'argent sur ce que Pascal lui a prêté en juillet quand son fils a dû se faire opérer, je ne peux même pas retenir cette somme sur son salaire, elle n'aurait plus de quoi vivre. Je ne sais donc pas trop comment gérer cette affaire.

Véronique est moins assidue au travail depuis quelque temps, elle m'a dit récemment qu'elle avait rencontré quelqu'un...

Et ce midi, nous avons reçu la facture de téléphone. Etant donné le montant exorbitant, j'ai demandé le détail à la Sonatel (on me l'a envoyé par mail ce soir - super pratique! il n'y a pas à dire, le téléphone et l'internet sont bien les choses qui marchent le mieux ici). Vous l'aurez deviné, je pense: c'est Véronique qui a téléphoné pour près de 200.000 francs CFA (300 euros, soit plus du double de son salaire mensuel) sur des téléphones portables.

Je suis furieuse. Si je me regardais dans un miroir, je suis sûre que de la fumée blanche sortirait de mes oreilles, tellement je fulmine! 

Je veux la licencier sur le champ, et en même temps je me demande comment elle va faire pour survivre. Je ne veux plus d'elle dans la maison, mais je sais que ses deux mois de congés payés vont y passer pour payer ses dettes (et ça ne suffira pas) et je l'imagine à la rue avec ses deux enfants et je ne sais pas quoi faire. La sermonner et la garder jusque fin décembre comme prévu? Trouver quelqu'un de nouveau pour les quelques semaines qui restent? Je suis tellement en colère que je n'arrive pas à dormir alors qu'il est presque 2h30 du matin!

Allez, je fais ma Scarlett et je verrai ça demain... 
Par Patricia à Dakar - Publié dans : notreanneeadakar
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 08:50
Je n'ai pas le temps de bloguer, mais là, ça s'impose.
Ce matin, il y a comme de la musique dans l'air... 
Par Patricia à Dakar
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